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Revival : C'est quoi ces Clubbers ?
Vendredi, 07 Janvier 2011 11:04 | 4041 Vues
culture club france

Y a t-il une culture club en France ? Voici une première question essentielle car la France est souvent décriée et mise à la traîne par ses pays voisins. Si, en Angleterre, il n'y a pas de doutes sur la culture club, il y a plus d'incertitude de par chez nous. Si l'on regarde le palmarès des meilleurs clubs internationaux, on voit de suite qu'il n'y en a qu'un parmi les cinquante premiers, alors que l'Allemagne, l'Espagne (avec bien sûr Ibiza) et l'Angleterre ont un vrai tissu clubbing. Quand on regarde aussi les plannings des grands DJ's internationaux, on remarque souvent que la France est à la peine.

Et pourtant, la France a été l'un des fers de lance de l'ère disco et a toujours adoré la Black Music. Mais il semble que la transition avec la House ne se soit pas faite dans de très bonnes conditions... A la différence de l'Angleterre par exemple qui s'est de suite emparée du phénomène venu des Etats-Unis et a même créé sa propre scène acid-house et house. Chez nous, c'est plutôt la dance qui a pris la relève du disco au début des années 90, prémices d'un système où les musiques électroniques devenaient alors populaires. Autrement dit, la France devenait une terre d'accueil idéale pour les titres faciles et populaires - Le meilleur exemple a été la période french-touch, où la disco se transformait en disco-house, à l'aide de filtres... - Au contraire de nos pays voisins qui ne donnaient que peu d'importance à la popularité de la musique jouée alors dans leurs clubs. Ce sont ces divergences qui ont certainement contribué à fragiliser le réseau clubbing en France, même si Paris parvenait facilement à suivre les autres grandes capitales. La Province était alors déconnectée et a été mise à l'écart de manière préjudiciable...

Ce bref historique permet alors de retrouver les bases de la singularité du clubbing français. Aujourd'hui, cette singularité crée des problématiques peu réjouissantes et à la fois les DJ's et les établissements doivent y faire face. Sauf que parfois, le temps a manqué à certains clubs et ces derniers n'ont eu d'autres choix que de fermer. Il faut dire que les clubs français ne manquent pas à l'appel. On en compte environ 3000 dans toute la France, ce qui montre bien pourtant que le fameux tissu clubbing existe. Sauf que le terme Club n'est pas généralisé, au contraire de l'appellation discothèque. Si cette nuance peu paraître anodine, il est pourtant important de ne pas confondre un club avec une discothèque. Ce dernier mot fait d'ailleurs un lien plein de sous-entendus avec le succès du disco en France il y a un peu moins de 40 ans... Alors, quelle différence entre un club et une discothèque ? La différence est bien franco-française. Le club est défini comme un établissement assez petit, avec une image sonore bien identifiable. Dès lors, on peut compter les clubs français sur les doigt des deux mains... Car la particularité française est en effet d'avoir créer des discothèques généralistes, où tous les styles musicaux (populaires) sont à l'honneur. Encore une fois, c'est sur ce point que la France se distingue.

Mais revenons à notre question, les clubbers... Il est assez surprenant de voir que les jeunes clubbers de 20 ans veuillent danser aujourd'hui sur les tubes datant de l'époque de leurs parents... Peut-on alors parler de clubbers ? Non, évidemment. Car le clubber est une race à part. Le clubbing a ses propres codes et sa culture. Mais vu qu'en France, la culture est nulle, les codes sont bien flous. Du coup, on se retrouve avec une clientèle de faux clubbers qui court après une "hype" qu'elle ne maîtrise pas vraiment. Sur les choix vestimentaires par exemple, il est bien étonnant de voir les différences entre la France et nos pays voisins. En Hollande par exemple, les jeunes clubbers ne concevraient pas de sortir sans une tenue appropriée. En France, les extrêmes s'affrontent, avec d'un côté les look ringards et de l'autre les "fashion victim". Du coup, la nouvelle scène électro en a profité et a créé son propre code, alliant ringard à haute couture. Surprenant !

Mais le look n'est pas non plus le fait le plus marquant pour reconnaître un clubber d'un autre client. Sa culture musicale est aussi une donnée capitale. Et c'est là que la tristesse est la plus flagrante car il y a en France peu d'écart entre un client normal et un autre soi-disant "clubber". La jeune génération de clubbers n'a pas de connaissances et n'a pas de repères. Tout cela a cause de la dernière décennie, où les clubs se sont hissés derrière d'autres médias et qu'ils ont ainsi emprunté le chemin commercial. Alors les clubbers sont aujourd'hui drogués aux tubes et même s'ils voulaient s'offrir une cure de désintoxication, ils ne seraient pas aidés. Seulement une dizaine de centres de soins dans toute la France (comprenez des clubs au vrai sens du terme, avec une identité musicale forte) et, plus grave, aucun réseau médiatique de secours pour assurer la psychologie de fond. Alors il y a Internet, et la possibilité de se forger sa propre culture. Mais si Internet est magique, il est aussi la cause d'un esprit communautaire virtuel et risqué. Ce même esprit communautaire qui doit se créer au sein même des clubs... Internet, lui, sert souvent aux prétendants clubbers à se rallier à quelques DJ's stars. Mais s'inscrire à un forum ne suffit pas pour s'identifier à une culture, qui partout ailleurs en Europe, a un wagon d'avance. Les clubbers, qui dansent devant le DJ, apparaissent alors comme des proies difficiles et au risque de jouer le rôle du rapace, le DJ doit souvent se contenter de leur donner ce qu'ils aiment, les carcasses de tubes qui résonnent depuis tant d'années.

Espérons que la nouvelle génération de clubbing soit assez conséquente pour faire évoluer les mentalités. Avec un peu de temps et beaucoup de patience, les clients de clubs français deviendront des clubbers et ils prendront du plaisir à venir au club pour danser sur une musique électronique inédite et spécialement conçue pour eux. Quant aux clients de discothèques, ils continueront sûrement à concevoir la nuit comme une courte fête où l'on chante entre amis les refrains populaires préférés des bals publics. La rupture est nette. Espérons que les discothèques retrouvent l'esprit clubbing...

Article initialement paru dans ONLY FOR DJ'S #125 (Mars 2007)
 
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Commentaires  

 
0 #4 djneo 12-04-2011 20:23
c'est une très bonne analyse, par contre il manque un facteur important, l'argent ! une discothèque/club est une entreprise qui ce doit de faire des bénéfices. Le patron veux du monde, de la consommation. Pour cela il ce doit de satisfaire au maximum de monde. Il s'en tape que le dj soit brancher hardcore ou autre. Associé à un tissus économique très complexe et difficile. Il n'y a pas de choix que faire du généraliste radiophonique. Mais les soirées son longue et le dj devrait reussir a y placer un set comme il l'aime. Dorenavant en dehors des clubs la musique n'est plus qu'un compromis général. Quand on voit qu'en 2010, dans les 10 titres les plus diffusés en club, 2 sont de 2009. c'est incroyable. On peux voir aussi que chaque année il y a de moins en moins de nouveauté (-10%). Les maisons de disques sont très frileuses, c'est navrant, heureusement qu'internet, youtube et les reseaux sociaux palient à ce problème.
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-1 #3 deejay Letessier 27-01-2011 08:51
C'est exactement vrai mai la ou l'on a un point fort je pensse c'est que le deejaying est une veritable cultur chez nous car l'on sens que tout le monde s'interresse a se métier et les gens qui si interesse sont pas forcément des cluber. ;-)
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+2 #2 Ben Lb 24-01-2011 21:12
Toujours aussi vrai, même de pire en pire je dirais ...
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+1 #1 JAMESop 14-01-2011 03:21
plus vrai que ca tu meurs.....
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