Après un premier album qui les a affirmé comme l'un des noms majeurs de la scène électronique, le duo allemand présentera en Juin son deuxième album, 'I Love You Dude'. Près de quatre ans après 'Idealism', Jens Moelle & Ismail Tuefekci continuent d'explorer leurs nombreuses influences, avec plus de maturité. Même si l'approche reste électronique, le duo s'est mis sur courant alternatif et n'hésite pas à brasser large, prenant le risque de s'éloigner du chemin tout tracé par les fans et les observateurs lors de leurs premiers faits d'armes. Longtemps annoncés comme les héritiers du meilleur de la french-touch, les deux complices prouvent ici à plusieurs égards qu'ils n'en font qu'à leur tête. Tant mieux !
"On accepte sans aucun problème le risque de régénérer notre public !"
Quatre ans déjà que votre premier album 'Idealism' est sorti. Comment avez-vous vécu ce laps de temps et pensez-vous avoir bien géré le timing de ce deuxième album ? Après notre premier album, on a enchaîné sur une tournée mondiale de deux ans. L'année suivante, on a fait pas mal de DJ sets et on s'est remis au travail studio tranquillement, sans aucune pression. Je ne pense pas qu'on ait trop attendu avant de sortir ce nouvel album. D'ailleurs, quand on était en soirée ou sur scène, aux Etats-Unis par exemple, tout le monde nous parlait encore du premier album et de titres comme 'Pogo', même quatre ans après… On n'avait donc pas le sentiment d'être dans l'urgence de faire un nouvel album. On a préféré laisser un peu de temps aux gens pour qu'ils digèrent bien 'Idealism'. De notre côté, on a finalisé ce deuxième album au cours des deux premiers mois de l'année, c'était donc assez spontané.
Contrairement à votre premier album, ce nouvel album sort sur Cooperative, un petit label indépendant, vous sentez la différence ? Oui, bien sûr, c'est toujours mieux de travailler avec une structure indépendante. Les grosses maisons de disques sont en constante restructuration. Elles sont si grosses qu'elles doivent faire beaucoup d'argent. Un label indépendant, c'est forcément mieux et en tant qu'artistes, on a plus de liberté. Les relations sont plus saines également, c'est donc bien plus agréable !
Vous avez aussi fait le choix surprenant de sortir le premier single de l'album 'Blitz' sur Kitsuné plusieurs mois avant l'album… C'était un clin d'oeil au label de vos débuts ? Disons que ce n'était pas réfléchi… 'Blitz' était un single en tant que tel, réalisé pour Kitsuné. A l'époque, on ne savait pas encore si on allait le mettre sur l'album. Puis au final, on a décidé de l'inclure car il était pertinent au milieu des autres titres. Ce n'était donc pas prévu que ce soit le premier single de l'album et il n'y avait rien de stratégique. Kitsuné est le label qui a lancé notre carrière, c'est la famille !
J'imagine que vous avez changé votre manière de travailler avec le temps. Ce nouvel album sonne moins digital que le premier, je me trompe ? C'est clair que c'est un album plus mature, tout comme nous d'ailleurs. A nos débuts, on était deux DJ-producteurs, deux bidouilleurs. Avec le temps, on a appris a avoir une approche de groupe, surtout qu'on a énormément appris lors de notre tournée. Notre studio est devenu plus complet car on avait plus de moyens au fil des années, mais le set-up est relativement semblable. Heureusement, on a pu s'acheter un ordinateur plus puissant et un peu de matos en agrément. Malgré ça, il n'y a pas eu de changement majeur dans notre méthode de travail.
On a l'impression que vous avez utilisé de vrais instruments sur cet album, avec un côté plus rock et live… Et bien c'est une impression, car nous ne jouons toujours pas de guitare ! On a des instruments en studio mais on s'en sert qu'avec l'aide de nos samplers (rires). On a su trouver des astuces et tricher pour s'approcher au mieux d'un vrai rendu. Sauf qu'on contrôle tout avec des plugs, étape par étape.
Il n'y a pas d'ingénieur son derrière vous ? Non, on a tout fait par nous-mêmes. La différence entre les deux albums est juste due au fait que sur le premier album, on utilisait un ordinateur avec un processeur agonisant et un vieil équipement… Cette fois, on avait plus de confort et de puissance. Il y a juste pour les voix que nous nous sommes rendus à Londres dans le studio d'un ami, car nous avions besoin de compresseurs. Sur le premier album, on s'était contenté de nos propres traitements audio, on s'en foutait un peu. Là, on a quand même voulu soigner le tout.
Toujours pas de featurings non plus... Vous n'avez pas cédé à la mode ? Non, on n'en veut pas ! On ne veut vraiment pas faire comme tous les autres. On tient à tout faire nous-mêmes, on a tout ce qu'il faut pour exister en tant que groupe. Le seul featuring de l'album est celui d'une amie chanteuse, inconnue, qui pose sa voix sur 'Just Gazin'. Il n'y a aucun autre deal ou de "name-dropping". Ce n'est pas notre truc !
Pourquoi avoir intitulé ce deuxième album 'I Love You, Dude'…? On tenait à ce que le public ne puisse pas connaître le contenu de l'album en voyant la pochette et le nom de l'album. Puis c'est à la fois une expression que tout le monde utilise. On a trouvé ça en Australie, au bord d'une piscine. On voulait quelque chose de très différent du premier album, même au niveau de l'artwork et du titre. Quelque chose de plus terre à terre, de plus humain, d'où le choix d'une formule toute simple.
"Par rapport à 'Idealism', cet album est plus extrême et plus mélodique..."
'I Love you, Dude' n'est pas un album dancefloor. on retrouve de tout, du pop-rock ('2 Hearts)', du mid-tempo ('Just Gazin') et même de l'acid (Antibiotics)… Vous arrivez à produire ces morceaux si différents de manière spontanée ? Oui, c'est naturel, il n'y a pas de réflexions particulières derrière tout ça. ça sort de nos tripes, de notre coeur, le moment venu. On ne se dit pas qu'on va faire un morceau lent ou rapide, du rock ou de l'électro. On fait juste ce qui nous vient et on garde ou on jette. Par rapport à 'Idealism', c'est plus extrême et plus mélodique. On a vraiment approfondi ce qu'on avait commencé à faire sur le premier album.
Vos influences ont peut-être aussi évolué en 4 ans. Un groupe comme Late Of The Pier, par exemple, ne vous a-t'il pas marqué ? Oui, c'est marrant que tu parles d'eux car on a adoré leur album ! Le fait que ce soit Erol Alkan qui l'ait produit, ça donnait une couleur si spéciale à la batterie, aux lignes de synthé… C'était un son punchy, ça nous a plu, c'est sûr ! Mais on ne s'en est pas inspiré directement car on continuait d'écouter beaucoup de musique indie par ailleurs et pas forcément des trucs récents. On a beaucoup puisé dans les années 80 par exemple.
Et puis il y a 'Reeperbahn', qui est une sorte de fusion breakbeat et métal, plutôt agressive… Ce sont certainement nos influences des années 90 qui sont remontées à la surface ! Des groupes comme Prodigy et Rage Against The Machine… Mais avec nous, tout se passe par accident. On a fait ce morceau le jour où un pote est venu au studio pour tester un nouveau kit de batteries Live. On l'a laissé se défouler un peu puis on s'est mis à chercher des sons de clavier en même temps. On a trouvé la boucle et on a brodé autour. C'était intense et ça nous a plu. Reeperbahn est un quartier de Hambourg connu pour la prostitution. Ce n'est pas un mauvais endroit mais c'est plutôt obscur si tu vois ce que je veux dire… Ce son agressif collait parfaitement bien. Et puis, c'est dans ce quartier qu'on a fait nos premiers mixes, c'est donc une sorte de clin d'oeil sympathique…
Au niveau des structures, on sent aussi que vous avez mis de côté les constructions en longueur pour vous concentrer sur quelque chose de plus court. Vous vouliez que le côté pop prenne le dessus sur l'électro ? C'est vrai que c'est plus épuré. On a avancé partie par partie et on a fait le choix de ne pas faire d'extension inutile. On s'est donc concentré sur les couplets et les refrains, sans vouloir tourner en rond, en ne gardant que l'utile. Le feeling a joué un grand rôle sur ce disque, plus que les structures…
Le premier "vrai" single, '2 Hearts', est clairement pop-rock alternatif. Vous n'avez pas peur d'effrayer vos fans de la première heure ? Franchement, on pense que ce deuxième album n'est pas si éloigné que ça du premier. Bien sûr, '2 Hearts' affiche une couleur alternative mais on n'en était pas si loin sur 'Pogo'. Si on peut garder nos fans de la première heure, c'est cool. Mais à aucun moment, on se dit qu'on doit rester dans un style et faire attention à ça. On accepte sans aucun problème le risque de régénérer notre public !
A l'écoute, on pourrait croire que c'est l'album d'un groupe alternatif de 3-4 musiciens… Vous avez déjà pensé évoluer en ce sens ? On aime l'idée d'être un groupe plus rock mais ce serait embêtant d'être nombreux. Digitalism est notre concept et si on ne faisait pas notre musique à deux, de manière électronique, ça ne fonctionnerait pas… On aime l'idée d'être capable d'avoir le son d'un groupe tout en étant derrière nos machines. Je ne sais pas ce que nous ferons dans cinq ans mais je pense que Digitalism ne mutera pas de si tôt…
Propos recueillis par Ludovic Rambaud / Photo : Richie Carver
> Nouvel album : Digitalism 'I Love You, Dude' (Cooperative/V2 Music), sortie le 20 Juin.
Pour sa première édition, le festival Rock Island prendra ses quartiers aux pieds du fort d'Entrecasteaux, qui domine le Vieux Port de Marseille. La programmation est alléchante avec Breton le 28.06, Laurent Garnier aka L.B.S, Brodinski et...
Ce jeune Australien de 24 ans a déjà sorti deux albums sur le prestigieux album Armada. Fort de ses quatre ans d’études au Conservatoire et son diplôme d'ingénieur du son, Tyson Illingworth (aka tyDi) n'a jamais eu trop de mal à démontrer...
Retrouvez ci-dessous notre interview vidéo d'Antoine Clamaran réalisée à Monaco le 21 Avril dernier à l'occasion du BPM Contest. Le DJ-producteur français nous parle de son parrainage pour ce concours de DJ-producteur sponsorisé par SFR...
Le talent de Chris Lake est reconnu depuis de longues années au sein du petit monde des DJ-producteurs. Encensé par Pete Tong et de nombreux artistes influents, l'Anglais n'a pourtant jamais tenté de plaire au plus grand nombre ou de rentrer dans...
» David Joly (SFR Jeunes Talents) parle du concours de DJ-producteurs BPM Contest
David Joly est le responsable de la section musique de SFR Jeunes Talents, dédiée depuis plusieurs années à faire connaître des musiciens et des DJ-producteurs encore en développement. Depuis 3 ans, la Nuit SFR met aussi à l'honneur les...
Concours M6 Mobile DJ Experience Hello Funkall, tu dis pouvoir poster via n'importe quelles sources ? pour moi impossible en faisant ...[...] par Juliette