| Interview : Make The Girl Dance |
| Jeudi, 20 Janvier 2011 17:52 | 2985 Vues |
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Le duo français Make The Girl Dance défraie la chronique depuis qu'il a eu la fine idée de mettre en scène des filles nues dans les rues de Paris pour illustrer son single 'Baby'. Le succès a été tel qu'il a été la base d'une aventure qui prend aujourd'hui la forme d'une vraie success-story. Il y a encore trois ans, Greg et Pierre n'étaient pourtant pas destinés à se faire un nom au sein de la scène électro-rock. Mais après une tournée internationale derrière les platines, la sortie de leurs singles un peu partout dans le monde et un sens de la provocation bien naturel, les deux complices embrassent avec joie leur nouvelle vie de pop-star. Avec un premier album en vue pour l'Automne, MTGD a toutes les clés en main pour passer une bonne année 2011. Interview ! "Une bonne performance consiste à faire crier des filles au début et faire pogoter des garçons sur la fin." Je voudrais déjà commencer par revenir sur votre rencontre. C'était où, quand, dans quelles circonstances ?Greg : C'était fin 2008, dans un club qui s'appelle maintenant le Tigre. Pierre faisait le warm-up dans une soirée dans laquelle je jouais. On a bien rigolé ce soir-là. On s’est vraiment trouvé. Quelques mois plus tard, il m'a proposé de tenter un projet musical ensemble. Vous aviez tous les deux d'autres occupations très prenantes avant de vous investir sur ce projet… J'imagine que votre vie a littéralement changé depuis ?Greg : Oui, clairement. Je m'occupais de la musique pour les Galeries Lafayette, avec des horaires de bureau, des fichiers Excel à remplir, des réunions inutiles avec 22 personnes, le tout payé 6 francs et un mars. " En me voyant arriver, c’est un peu comme si Benjamin Castaldi arrivait pour jouer au Social Club ! " (Pierre) Pierre, j'imagine qu'on te ressort souvent ton passé d'animateur TV… En toute honnêteté, est-ce que ça a servi ce projet Make The Girl Dance ?Non, cette notoriété télévisuelle nous a même plutôt desservie. La musique que nous voulions jouer, la famille électro que nous voulions intégrer est assez pointue. Du coup, en me voyant arriver, c’est un peu comme si Benjamin Castaldi arrivait pour jouer au Social Club. Pendant les six premiers mois, quand on jouait, je n’arrivais pas à lever les yeux car je craignais que les gens se demandent ce que je foutais là et me jettent des cailloux. A leur place, c’est la première réaction que j’aurais eu. Mais le public et les artistes avec qui nous avons joué ont été plus indulgents que ça. Il a tout de même fallu que nous fassions nos preuves. Pour ça, on a joué, beaucoup, comme tous les autres. Aujourd’hui, je suis très fier de pouvoir parler musique sans avoir honte avec Mike des Birdy Nam Nam ou Gaspard de Justice, qui savent faire la différence entre mon passé et ce que je fais aujourd'hui. Est-ce que 'Baby Baby Baby' vous a tout de suite permis de définir une sorte de concept ou bien est-ce que c'était un coup de provoc, un buzz, qui a eu finalement beaucoup plus d'impact que prévu…?Greg : A l'origine, c'était juste histoire de faire un clip qui nous coûtait rien. Après, ce truc de quatre minutes, fait de bouts de ficelles, sans se prendre au sérieux… Ça nous ressemble un peu ! " Le succès du clip de 'Baby Baby Baby' est un peu disproportionné... " Ce clip vous a apporté une vraie légitimité via Internet, avec plusieurs dizaines de millions de vues. Deux ans après, ce n'est pas retombé. C'est votre plus grande fierté ?Greg : La vraie fierté, c'est d'avoir réussi à imposer notre présence sur une scène pas forcément très chaude pour nous voir arriver. En deux ans, je suis très fier que nous ayons pu finalement jouer avec Chemical Brothers, Yuksek, Run DMC, Toxic Avenger et DSL, entre autres... Le plus étonnant est que votre succès est international... Vous avez mixé partout dans le monde et réussi à vous imposer dans des pays pourtant difficiles d'accès, Etats-Unis et Asie inclus. Finalement, savez-vous ce qui plaît autant dans votre projet ?Greg : Non, je ne sais pas. Peut-être le fait qu'on ne se prenne pas trop au sérieux et que le public voit qu'on s'amuse...? Vous alliez une pop rugueuse à de l'électro, avec un style incisif dans vos DJ sets… Vous avez su embrasser la tendance au bon moment ?Greg : Avant 'Baby, Baby, Baby', on faisait déjà ce son et c'était ce qu'on voulait jouer. Perso, j’ai un label depuis dix ans, j’ai produit des dizaines de maxis de deep-house avec des gens comme Lady Bird, Olivier Velay (du label Stalwart), sans qui je n’aurais jamais pu comprendre ce milieu... La tendance m’échappe un peu. C’est surtout un bon mélange de tout ce qu’on aime. Vous travaillez avec un label indépendant, Roy Music, dirigé par l'expérimenté Christophe Tastet, qui a eu l'occasion de travailler avec des gens comme Benjamin Diamond… Comment vous a-t'il repérés et est-ce que son expérience vous a été utile ?Greg : On a signé chez Roy Music parce que ce sont des amis et qu’ils travaillent très bien. On aimait l’idée d’un label indé plutôt orienté rock, qui nous ferait confiance sur le long terme. Les majors qui se sont jetées sur nous lors du phénomène 'Baby' semblaient juste vouloir profiter du single en l’utilisant jusqu’à écoeurement. On ne voulait pas de ça puisque Make The Girl Dance était pour nous un vrai projet qui existait depuis un an et que ce n'était donc pas un coup isolé. Christophe est arrivé chez Roy au même moment, donc il ne nous a pas exactement repéré mais on lui a "imposé" de bosser sur nous. Son expérience est énorme, il connaît très bien le métier, il a la patience qu'on n’a pas et il nous cadre bien. " C’est quand même bien de faire de la musique la semaine, puis, le week-end, de prendre des avions pour aller se vautrer dans un hôtel, une loge, puis un DJ booth pour faire danser des gens ! " Pourquoi choisir la mort et le sexe comme thèmes récurrents dans vos chansons ?Greg : Non, on n'a pas fait ça quand même...? La suite va être plus légère, vous verrez.
Make The Girl Dance est-il un groupe contestataire et provocateur ?Greg : Contestataire, pas du tout ! Provocateur, pas tant que ça, car en dehors des clips, on est deux vieux mecs super tranquilles. L'aspect communautaire et l'image semblent importants dans votre développement. Avez-vous envie que votre musique soit porteuse de messages pour la jeune génération ?Greg : Ah non ! Ou alors ce serait des messages déviants. Et puis les jeunes doivent savoir que c'est important d'être un bon jeune. Concevez-vous la musique comme un art de vivre ?Greg : Oui, ça fait très longtemps que j'en fais. Je joue de plusieurs instruments depuis 20 ans. En vivre est un luxe incroyable, et pour ça, on a beaucoup de chance. Que proposez-vous derrière les platines et comment abordez-vous l'exercice du mix ?Greg : Perso, je ne mixe pas. Je n'ai jamais su. On bosse donc avec un Ableton Live parce qu'on superpose des boucles, des vocaux et des synthés virtuels. Du coup, on mélange une sorte de mix "classique" avec des contrôleurs Midi pour agir sur des samples, des synthés et des effets. " Le jeune doit exulter. Il a bien le temps pour se prendre la tête et réfléchir ! " Avec une énergie rock comme la vôtre, ne pensez-vous pas que la musique électro va continuer à s'exiler des clubs ?Greg : Ce ne sera plus de la musique de club, ce sera de la musique qui fait danser les gens. Avant, on dansait le rock au Golf Drouot, maintenant on l'écoute au Stade de France. C'est déjà le cas pour la musique de club, tu peux écouter les Bloody Beetroots en club, et les voir jouer à l'Elysée Montmartre. En studio, qui fait quoi ?Greg : J'écris des bribes de morceaux, Pierre choisit dedans et après avoir jeté tout ce qu'il trouvait à chier (99%), on bosse le morceau ensemble. On tripote les claviers, on refait des boucles. Après, le mix, c'est plutôt ma partie techniquement parlant mais on le fait à deux. C'est pour ça que votre album met du temps à arriver ? J'ai même l'impression qu'il est sans cesse retardé…Greg : C'est aussi parce que tu fais un premier album qu'une seule fois, par définition, et qu'on veut faire un truc dont on sera super fiers. Là, on vient de beaucoup tourner au cours des 18 derniers mois. Ça a déjà modifié des choses dans notre écriture et dans ce qui nous inspire. On a déjà pas mal de morceaux prêts. Ça ressemblera à ce qu'on déjà pu entendre de nous : de la pop, de l'électro compressée distordue, mais aussi des morceaux pop instrumentaux à la Phoenix qui aurait trempé dans de l'électro. Avez-vous parfois le sentiment de vous inscrire dans la lignée de Justice ?Greg : Le seul point commun, ce serait les singles pop et le son electro distordu. J'aime beaucoup Justice, mais ce serait un peu prétentieux de s'imaginer s'inscrire dans leur lignée. Est-ce que vous vous sentez à l'aise au sein de la scène électro française ? Considérez-vous le vivier d'artistes électro français comme une concurrence ou bien comme une réussite ?Greg : On s'y sent super à l'aise, la plupart sont super sympa et on s'entend vraiment bien avec beaucoup de monde. Ce n'est clairement pas une concurrence mais plutôt un truc excitant que de se retrouver avec des artistes doués, ça motive. Vous avez d'ailleurs l'air d'être plutôt ouverts aux collaborations, avec Toxic Avenger, Solange La Frange… Avec qui rêveriez-vous de travailler sur un morceau inédit ?Greg : Alison Mosshart, les mecs de Birdy Nam Nam, Cassius. Il y a plein de personnes avec qui j'aimerais travailler. " En fait, il y a plein de gens normaux et gentils dans ce milieu. Et aussi deux ou trois cons bien sûr, sinon ça ne serait pas drôle ! " Votre meilleur et votre pire souvenir de tournée ?Greg : Le meilleur reste la surprise de jouer à New-York devant une foule électrique et compacte, ou encore de jouer entre Empire Of The Sun et Chemical Brothers à Singapour. Le pire, c'était à Londres où l'on a joué en reprenant le train juste après avoir joué, sans avoir dormi. Le supplice. Quoiqu'un soir en Belgique, on a joué à 18h dans une salle immense avec 4 personnes dedans, c'était pas mal pénible aussi. " Au VIP ROOM de Saint-Tropez, Jean-Roch nous a arrêté au bout de 35 minutes... " Entre vous, c'est la parfaite entente musicale ou bien au fond, chacun a gardé ses affinités…?Greg : Non, c'est la lutte permanente ! Mais c'est ce qui est cool. On ne lâche rien facilement. Du coup, quand on finit un morceau, c'est vraiment du Make The Girl Dance, et jamais du Pierre Mathieu ou du Greg Kozo. J'ai d'autres projets à côté qui me permettent de défouler ma passion des petits bleeps et des syncopes inutiles... Un adjectif pour vous décrire l'un l'autre ?Greg : Pierre est déterminé et autoritaire. Propos recueillis par Ludovic Rambaud
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ONLY FOR DJ'S #163, DISPONIBLE ICI
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